Une voix à écouter, un monde à rejoindre
« Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur, mais écoutez la voix du Seigneur. » Cette invitation du psaume 94 accompagne l’Église en ce 23e dimanche du Temps ordinaire. Deux jours plus tard, le 8 septembre, nous célébrons la Nativité de la Vierge Marie. Entre ces deux rendez-vous, une même grâce se dessine pour notre communauté : apprendre à écouter pour mieux répondre à l’appel de Dieu.
Le psaume nous rassemble dans une attitude d’adoration et de confiance : « Venez, crions de joie pour le Seigneur », « entrez, inclinez-vous, prosternez-vous ». Nous ne sommes pas un peuple livré à lui-même ; nous sommes « le le peuple qu’il conduit ». Cette certitude est précieuse au moment où s’ouvre une nouvelle année pastorale. Dans un monde traversé par bien des inquiétudes, le Seigneur continue de conduire son peuple. Encore faut-il reconnaître sa voix.
La fête de la Nativité de Marie nous montre précisément un cœur qui demeure ouvert à cette voix. La naissance de Marie est déjà une promesse : Dieu prépare discrètement le salut de l’humanité. Avant même les grandes annonces de l’Évangile, il façonne celle qui saura accueillir sa Parole avec une confiance totale. Marie n’est pas tournée vers elle-même ; toute sa vie est disponibilité à l’œuvre de Dieu. Et elle nous apprend que l’écoute authentique engendre toujours la mission.
Le Père de Montfort sous le patronage duquel le diocèse de Nantes place cette année pastorale en est l’illustration : missionnaire infatigable, il a puisé dans sa dévotion mariale un élan extraordinaire pour annoncer le Christ. Pour lui, Marie n’est jamais un but en soi : elle conduit à Jésus, elle forme des disciples disponibles à l’Esprit, elle envoie vers les périphéries humaines et spirituelles. Toute sa vie rappelle qu’un chrétien qui écoute vraiment la Parole de Dieu ne peut la garder pour lui seul.
Au seuil de cette rentrée, le psalmiste, la Vierge Marie et le Père de Montfort nous adressent donc un même appel : ne fermons pas notre cœur. Laissons le Seigneur renouveler notre foi, nos paroisses, nos familles et nos engagements. Osons aller à la rencontre de ceux qui cherchent un sens à leur vie, parfois sans le savoir. Osons témoigner simplement de la joie de l’Évangile.
Et que notre paroisse soit, cette année encore, ce peuple qui reconnaît la voix de son Seigneur et marche avec confiance à sa suite.
P. Sébastien Catrou, curé
