Croire encore que l’amour aura le dernier mot

Chaque année, le 14 septembre, l’Église célèbre la fête de la Croix glorieuse. À première vue, le paradoxe est saisissant : comment un instrument de supplice peut-il devenir un signe de gloire ? 

Pourtant, c’est bien le cœur du message chrétien. La Croix n’est pas l’exaltation de la souffrance. Elle est la révélation d’un amour plus fort que le mal, plus fort que la haine et même plus fort que la mort. Ainsi, la tradition chrétienne voit dans la Croix du Christ le signe de sa victoire pascale et de la réconciliation offerte à toute l’humanité.

Ce message trouve une résonance particulière dans notre monde. Chaque jour, les informations nous confrontent aux guerres, aux fractures sociales, aux inquiétudes écologiques et aux solitudes qui blessent tant de personnes. Beaucoup se demandent où trouver des raisons d’espérer. La Croix glorieuse apporte une réponse inattendue : Dieu n’est pas absent des épreuves humaines. En Jésus, il les a traversées de l’intérieur. Il rejoint ceux qui souffrent pour leur ouvrir un chemin de vie.

La Croix nous apprend ainsi à changer notre regard. Là où l’homme voit souvent une impasse, Dieu fait naître un avenir. Là où la violence semble triompher, l’amour continue son œuvre silencieuse. Là où le découragement menace, la résurrection est déjà en germe.

Cette espérance n’est pas réservée à quelques initiés. Elle nous est confiée pour être partagée. Dans nos familles, nos quartiers, nos lieux de travail ou de rencontre, nous sommes appelés à devenir des témoins de cette lumière. Chaque fois que nous choisissions de servir plutôt que de dominer, de relier plutôt que d’opposer, d’espérer plutôt que de céder au cynisme, quelque chose de la victoire du Christ sur la Croix devient visible dans notre monde.

Par l’intercession de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, figure spirituelle pour notre diocèse cette année, demandons au Seigneur de renouveler notre foi missionnaire. Que la Croix ne soit pas seulement un symbole accroché à un mur ou porté autour du cou, mais le signe vivant d’une espérance à annoncer. Le monde n’attend pas des chrétiens parfaits ; il attend des disciples capables de croire que l’amour a le dernier mot. C’est le message de la Croix glorieuse. C’est la Bonne Nouvelle que nous avons la joie et la responsabilité de porter à tous.

 P. Sébastien Catrou, curé

 

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