Un seul Esprit, une seule espérance
Chaque année, du 18 au 25 janvier, l’Église nous invite à entrer dans une prière fervente pour l’unité des disciples du Christ.
Ce rendez-vous n’est pas un simple rituel œcuménique : il est un appel à revenir au cœur même de l’Évangile.
Le thème proposé cette année — « Il y a un seul corps et un seul Esprit, de même que votre vocation vous a appelés à une seule espérance » (Éphésiens 4,4) — nous rappelle que l’unité n’est pas d’abord un projet humain, mais un don de Dieu, déjà inscrit dans notre baptême.
Saint Paul ne parle pas d’une unité uniforme ou fusionnelle. Il évoque un corps, avec sa diversité de membres, ses charismes multiples, ses histoires différentes. Mais un seul Esprit circule en lui, comme un souffle qui relie, vivifie et oriente. L’unité chrétienne n’est donc pas une question d’accord parfait sur tout, mais la reconnaissance humble que nous appartenons les uns aux autres parce que nous appartenons tous au Christ.
Dans un monde où les fractures se multiplient, où les identités se crispent, où la tentation du repli guette chacun, cette semaine de prière nous invite à un geste simple et exigeant : accueillir l’autre chrétien comme un frère donné, non choisi. L’œcuménisme commence là, dans cette conversion du regard qui laisse l’Esprit élargir notre cœur et nous décentre de nos habitudes.
Notre vocation, dit Paul, nous appelle à une seule espérance. Cette espérance n’est pas un vague optimisme : elle est la certitude que le Christ travaille déjà à rassembler ce qui est dispersé. Chaque rencontre, chaque prière partagée, chaque geste de fraternité entre Églises devient alors un signe de cette œuvre patiente de Dieu. Et peut-être aussi une invitation à relire nos propres divisions intérieures, pour laisser l’Esprit y faire son œuvre de paix.
Puissions-nous vivre ces jours comme une respiration : laisser l’Esprit nous unir davantage au Christ pour nous rapprocher les uns des autres. Et que notre paroisse, au cœur de la ville, soit un lieu où cette espérance se donne à voir — humblement, joyeusement, fidèlement.
P. Sébastien Catrou, curé
