Lumière d’été, lumière de Dieu

Au seuil de l’été, lorsque nos journées s’allongent et que nos pas se font plus légers, l’Église nous confie une mission simple et exigeante : rayonner !

En août 1917, au milieu d’un monde bouleversé, Marie Noël, poétesse catholique d’Auxerre, écrivait ces mots d’une force désarmante : « Apôtre… Être, mieux qu’une bouche prêchante, une âme rayonnante. Annoncer Dieu par la sainteté, Verbe sans paroles » (Notes intimes). Plus d’un siècle plus tard, cette intuition demeure d’une actualité brûlante. La mission commence par la qualité de notre présence.

L’été est un temps favorable pour cette forme de témoignage silencieux. Les rencontres se font plus simples, les visages plus disponibles, les conversations moins pressées. Dans ce climat apaisé, une attitude habitée peut toucher plus sûrement qu’un discours bien construit. Une écoute vraie, un geste de patience, une joie discrète deviennent des signes qui parlent d’eux-mêmes. L’Évangile se glisse souvent dans ces interstices minuscules où nos vies laissent passer quelque chose de la lumière de Dieu.

Être une « âme rayonnante » ce n’est pas chercher à impressionner. C’est laisser le Christ transfigurer nos manières d’être : notre façon d’accueillir, de pardonner, de traverser les contrariétés. Pierre et Paul, fêtés ces jours-ci, n’ont pas annoncé le Christ seulement par leurs paroles, mais par la cohérence d’une vie livrée. Leur mission est née de leur disponibilité à être saisis, déplacés, envoyés.

Et si cet été devenait pour nous un temps de conversion douce ? Un temps pour demander au Seigneur de purifier ce qui obscurcit notre lumière : nos agacements, nos peurs, nos jugements rapides. Un temps pour accueillir l’Esprit-Saint qui pacifie et qui envoie. Un temps pour redevenir attentifs à ceux que nous croiserons, sans programme, simplement parce que Dieu passe souvent par ces rencontres-là.

Que cette saison nous apprenne à annoncer Dieu « sans paroles », par la transparence d’une vie habitée. Alors, là où nous serons, l’Évangile pourra trouver un chemin.

P. Sébastien Catrou, curé

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