L’Église grandit quand elle sert

En ces 5e et 6e dimanches de Pâques, le livre des Actes des Apôtres nous donne à voir une Église en mouvement, inventive, traversée par l’Esprit. Une Église qui grandit si vite qu’elle doit apprendre à s’organiser autrement pour que personne ne soit oublié. 

C’est ainsi que naît le ministère des sept, appelés pour servir à table et veiller à la justice fraternelle. Mais très vite, ces hommes se révèlent bien plus que des gestionnaires : ils deviennent des témoins. Le diacre Étienne annonce avec force, Philippe évangélise en Samarie, et partout où ils passent, la Parole se fraie un chemin. Le service ouvre à la mission.

Ce double mouvement — servir et annoncer — demeure au cœur du diaconat. Les Actes nous rappellent que l’Église ne peut croître que si elle garde ensemble ces deux pôles : l’attention concrète aux plus fragiles et la joie de proclamer l’Évangile. Quand l’un manque, la communauté s’étiole ; quand les deux s’unissent, « il y eut grande joie dans cette ville ». Le diacre est précisément ce signe vivant d’une Église qui se penche et qui se relève, qui nourrit et qui envoie, qui console et qui ouvre des chemins nouveaux.

Aujourd’hui encore, nos communautés ont besoin de cette présence discrète et solide. Des hommes enracinés dans la prière, insérés dans la vie familiale et professionnelle, capables de rejoindre les périphéries où la Parole attend d’être portée. Le diaconat permanent n’est pas un supplément de structure : c’est un souffle missionnaire. Il rappelle que l’Évangile se dit autant par les mains que par les lèvres, autant dans les gestes de charité que dans l’annonce explicite du Christ.

En relisant ces pages des Actes des Apôtres, peut-être certains entendront-ils une invitation intérieure. Non pas un appel tonitruant, mais une question qui s’installe : « Et si c’était pour toi ? » L’Église a besoin de serviteurs selon le cœur du Christ, disponibles pour la mission là où la vie les a plantés. Prions pour que l’Esprit-Saint continue de susciter des diacres, et pour que ceux qui se sentent appelés trouvent la confiance d’oser le chemin du discernement. 

   P. Sébastien Catrou, curé

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