La Trinité nous met en route
« Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous » (2 Co13, 13).
Cette bénédiction que saint Paul adresse à la jeune communauté de Corinthe résonne pour nous en ce dimanche de la Sainte Trinité comme un envoi. Elle n’est pas une formule pieuse pour clore une lettre : elle est un souffle, une dynamique, presque un élan missionnaire. Paul ne dit pas seulement qui est Dieu ; il dit ce que Dieu fait et ce qu’il nous confie.
La grâce du Christ nous précède toujours. Elle ouvre des chemins là où nous pensions que tout était fermé. Elle nous rappelle que la mission ne commence jamais par nos forces, mais par un don reçu. La grâce n’est pas un supplément : elle est la source. Elle nous apprend à regarder le monde non avec lassitude, mais avec la joie de ceux qui savent que le Ressuscité marche devant eux.
L’amour du Père, lui, nous établit dans une confiance profonde. Dans un temps où beaucoup se sentent dispersés, inquiets, parfois désorientés, cet amour nous recentre : nous ne sommes pas des orphelins spirituels. Nous sommes envoyés comme des fils et des filles, porteurs d’une parole qui relève et d’une présence qui apaise. La mission n’est jamais une conquête : elle est un rayonnement.
Et voici la communion de l’Esprit Saint. Elle n’est pas un simple « être ensemble » : elle est la force qui nous unit pour que le monde croie. L’Esprit nous donne d’oser la rencontre, de franchir les frontières intérieures, de devenir des artisans de paix dans nos quartiers, nos familles, nos communautés. La communion n’est pas un état, mais un mouvement : elle nous pousse vers l’autre.
En ce dimanche de la Trinité, demandons d’être une communauté qui ne garde pas pour elle la bénédiction reçue, mais qui la diffuse, la partage, la risque. Une communauté qui, par sa manière de vivre, murmure au monde : « Dieu est relation, Dieu est don, Dieu est vie ». Une communauté qui ose croire que cette bénédiction de Paul peut encore transformer Nantes, aujourd’hui.
P. Sébastien Catrou, curé
