La promesse du rose : La floraison de la joie !

Quand les cerisiers du Japon, les célèbres « Sakura », commencent à fleurir, le monde semble s’arrêter un instant pour contempler cette beauté éphémère. Les pétales roses du « Prunus serrulata » – oui dans une autre vie, votre curé a fait de la botanique -, dans leur éclat fragile, annoncent la venue du printemps, tout comme le dimanche de Laetare (de la joie) annonce l’approche de Pâques. La couleur rose qui éclate dans les jardins et avenues de Tokyo ou de Nantes répond ainsi mystérieusement à la liturgie chrétienne : un rose qui n’est pas seulement celui de la fragilité et de la douceur, mais celui d’une joie suspendue entre la douleur et l’espérance. Cette brièveté des sublimes fleurs du cerisier du Japon, qui mêle vie et mort, espoir et finitude, trouve un écho inattendu dans le temps du carême.Ainsi, le quatrième dimanche de carême, dit de « Laetare », marqué par la couleur rose, est comme une éclaircie dans le chemin souvent austère de la pénitence. Le rose de « Laetare » est issu du rouge de l’amour divin et du blanc de la sagesse céleste : il exprime la joie tempérée d’un salut déjà entrevu, mais encore à venir. Ce dimanche est une pause, une respiration dans la rigueur du carême, où la liturgie ose déjà faire résonner la promesse de la Résurrection.Cette correspondance entre la floraison des cerisiers et la joie liturgique n’est pas fortuite. Les « sakura » nous rappellent que la vie est fragile, que la beauté est éphémère, mais c’est précisément dans cette brièveté que se cache la splendeur du mystère de la vie. La fleur de cerisier tombe avant d’avoir connu la corruption ; le Christ, dans sa Passion, assume la fragilité de la condition humaine et l’élève à la gloire de la Résurrection.Le rose de « Laetare » et le rose des cerisiers parlent ainsi d’une même réalité spirituelle : la joie surgit dans la fragilité. Elle n’est pas un éclat triomphant, mais une lumière douce, humble, qui anticipe la gloire. Au cœur du carême, le dimanche de « Laetare » est une invitation à la contemplation : contempler la beauté de la création comme un signe de la fidélité de Dieu, contempler la fragilité de la vie humaine comme une ouverture à la grâce. Comme les pétales des cerisiers qui tombent dans le vent du printemps, la joie de « Laetare » est une joie qui naît dans l’espérance : une fleur fragile, mais porteuse de la joie de la Résurrection.

P. Loïc Le Huen, curé +

Derniers articles

Aller en haut