« Là où il passait, il faisait le bien »
« Jésus de Nazareth, Dieu lui a donné l’onction d’Esprit Saint et de puissance. Là où il passait, il faisait le bien (…) car Dieu était avec lui. » (Actes des Apôtres 10, 38).
En quelques mots que vous m’entendrez souvent rappeler, saint Pierre résume toute la vie publique du Christ : une existence livrée, traversée par l’Esprit, entièrement tournée vers la rencontre et la guérison. À l’occasion de la fête du Baptême du Seigneur, cette parole devient pour nous un miroir et un appel.
Au bord du Jourdain, Jésus ne reçoit pas seulement l’eau versée par Jean : il accueille la mission que le Père lui confie. L’Esprit descend sur lui, non pour le séparer des hommes, mais pour l’envoyer au cœur de leur vie. Son baptême inaugure un mouvement qui ne cessera plus : aller vers l’autre, relever, éclairer, consoler, ouvrir un chemin. « Là où il passait, il faisait le bien » : telle est la trace que Jésus laisse derrière lui, comme une traînée de lumière dans les lieux les plus ordinaires.
Notre baptême nous introduit dans cette même dynamique. Nous avons reçu, nous aussi, l’onction de l’Esprit : non comme un souvenir lointain, mais comme une source qui ne demande qu’à irriguer notre quotidien. Être baptisé, ce n’est pas d’abord appartenir à une institution ; c’est consentir à laisser l’Esprit façonner en nous les gestes du Christ. Là où nous passons – dans nos familles, nos quartiers, nos engagements, nos fragilités – quelque chose de la bonté de Dieu peut advenir.
En contemplant Jésus au Jourdain, nous découvrons que la vie chrétienne n’est pas une performance morale, mais une disponibilité. Dieu était avec lui : voilà le secret. Lorsque nous laissons Dieu être avec nous, alors nos paroles deviennent plus vraies, nos regards plus attentifs, nos mains plus ouvertes. Le bien que nous faisons n’est jamais le nôtre : il est le fruit de l’Esprit reçu.
En ce début d’année, demandons la grâce de vivre de notre baptême avec simplicité et audace. Que chacun de nos passages laisse derrière lui un peu de paix, un peu de justice, un peu de lumière. Alors, à la suite du Christ, l’Église pourra encore entendre ce témoignage : « Là où ils passaient, ils faisaient le bien. »
P. Sébastien Catrou, curé
