« Je suis le bon pasteur » (Jn 10,11)
Chaque année, le quatrième dimanche de Pâques nous ramène à cette image si simple et pourtant si exigeante : le Christ Bon Pasteur, celui qui connaît ses brebis, les appelle par leur nom et marche devant elles.
Ce n’est pas une métaphore pour catéchisme illustré : c’est une parole vive, adressée à chacun. Car si le Seigneur appelle, c’est bien pour que sa voix trouve un espace où résonner, un cœur où s’enraciner, une vie où prendre corps.
Si l’Église célèbre ce dimanche la Journée mondiale de prière pour les vocations, ce n’est pas pour rappeler, une fois de plus, que « nous manquons de prêtres » — comme si la vocation n’était qu’une affaire de statistiques — mais pour redire que Dieu continue d’appeler, obstinément, patiemment, parfois à contre‑courant de nos agendas bien remplis. La vraie question n’est pas : « Y a‑t‑il encore des vocations ? » mais plutôt : « Sommes‑nous disponibles pour les entendre ? »
Cette disponibilité prend chaque année un visage très concret : le pèlerinage des vocations du 1er mai au Calvaire de Pontchâteau. C’est un rendez‑vous simple, fraternel, profondément ancré dans notre histoire spirituelle. On y vient pour prier, marcher, confier, écouter. On y vient aussi pour soutenir nos séminaristes, nos consacrés, nos prêtres, et tous ceux qui cherchent encore leur chemin. On y vient, enfin, pour laisser le Seigneur travailler nos résistances et ouvrir en nous un espace de liberté.
Participer à ce pèlerinage, ce n’est pas « faire nombre » : c’est accepter de se laisser déplacer. C’est reconnaître que la vocation n’est pas un sujet réservé à quelques spécialistes, mais une affaire du peuple de Dieu tout entier. Chacun est appelé : à la sainteté, au service, à la charité, à un engagement particulier dans l’Église ou dans le monde. Chacun a besoin de discerner, de relire, de se laisser éclairer. Et chacun peut devenir, pour un autre, un signe d’encouragement, un compagnon de route, une présence qui aide à entendre la voix du Bon Pasteur.
En ce dimanche du Bon Pasteur, demandons donc la grâce d’un cœur accueillant. Que notre communauté devienne un lieu où les appels peuvent naître, grandir, mûrir. Que le pèlerinage du 1er mai soit pour beaucoup une étape décisive : un moment pour se laisser rejoindre, un temps pour se remettre en marche, un souffle pour répondre avec confiance.
P. Sébastien Catrou, curé
