« Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien. »

Au moment où notre paroisse vit sa rentrée, cette parole du psaume prend une couleur particulière. Nous accueillons de nouveaux paroissiens, chacun arrivant avec son histoire. Certains arrivent avec le désir de s’engager quand d’autres cherchent simplement un lieu où reprendre souffle.

Or la première tentation d’une communauté est souvent de regarder ce qui lui manque : des bénévoles, du temps, des moyens ou encore des forces vives. Et il serait illusoire de nier ces besoins. Pourtant, le psaume nous invite à déplacer notre regard. Avant de compter ce qui manque, il nous rappelle d’où vient ce qui nous fait vivre.

La vitalité d’une paroisse ne se mesure pas seulement au nombre de ses activités ou de ses équipes. Elle naît d’abord de cette certitude que le Christ est déjà à l’œuvre au milieu de son peuple. Notre mission consiste moins à tout porter qu’à nous rendre disponibles à cette œuvre qui nous précède.

C’est précisément pour cette raison que l’appel adressé aujourd’hui aux bonnes volontés est important. Une communauté chrétienne ne se construit pas à partir de quelques spécialistes de l’engagement. Elle grandit lorsque chacun accepte de mettre une part de lui-même au service de tous. L’Église n’est pas un lieu où l’on consomme des propositions ; elle est un corps vivant dont chaque membre contribue à la croissance.

À cet égard, l’engagement suscité aujourd’hui n’est pas seulement une réponse à des besoins pratiques. Il est aussi une manière de participer à une aventure commune. Donner un peu de son temps, de son savoir-faire ou de son énergie, c’est contribuer à rendre visible une Église qui ne vit pas pour elle-même, mais pour annoncer l’Évangile au cœur de la ville et accompagner ceux qui cherchent leur route.

L’accueil des nouveaux arrivants nous offre d’ailleurs une belle occasion de redécouvrir cette vérité. Chacun apporte des talents, une expérience, un regard neuf. Ce qui semblait être un besoin devient alors une promesse.

Si le Seigneur est réellement notre berger, l’avenir ne dépend pas seulement de nos calculs ou de nos inquiétudes. Il dépend aussi de notre disponibilité à répondre à son appel. Que cette rentrée soit pour chacun l’occasion non seulement de trouver sa place, mais aussi d’aider d’autres à trouver la leur, afin que notre paroisse demeure une communauté ouverte, missionnaire et fraternelle.

 P. Sébastien Catrou, curé

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