Sur les rivages du Royaume naissant

Au cœur de l’hiver, alors que la nature semble sommeiller, l’Évangile de ce dimanche nous conduit sur les rives du lac de Galilée. Jésus y appelle ses premiers disciples, et quelque chose se met soudain à germer dans leur vie.

Ils ne comprennent pas encore tout, mais une espérance neuve les saisit : une promesse se lève, discrète et tenace, comme une pousse qui perce la terre froide.

C’est peut-être pour cela que l’Église revêt en ce temps ordinaire la couleur verte. Non pas un vert éclatant, déjà printanier, mais ce vert profond et humble qui dit la patience, la croissance lente, la fidélité du vivant.

Le vert liturgique n’est jamais spectaculaire : il accompagne, il soutient, il laisse le temps au Royaume de prendre racine. Il nous rappelle que Dieu travaille en nous bien avant que nous en percevions les fruits.

Lorsque Jésus appelle Pierre, André, Jacques et Jean, il ne leur demande pas d’être prêts, parfaits ou accomplis. Il leur dit simplement : « Venez à ma suite. » Et ce simple appel ouvre un avenir.

Le vert du temps ordinaire porte cette même tonalité : il nous invite à croire que le Royaume est déjà en train d’advenir, souvent à bas bruit, dans les gestes quotidiens, les fidélités modestes, les conversions minuscules.

Avant même que le printemps n’arrive, la liturgie nous apprend à guetter les signes de vie. À reconnaître que, dans nos communautés comme dans nos cœurs, Dieu fait lever quelque chose de neuf. À accueillir l’appel du Christ qui, aujourd’hui encore, passe sur nos rivages et nous entraîne plus loin.

Que ce temps ordinaire soit pour nous un temps de croissance intérieure, de confiance et d’élan. Que le vert de nos célébrations nous rappelle que le Royaume n’est pas une idée lointaine, mais une germination déjà à l’œuvre. Et que, comme les premiers disciples, nous osions nous lever pour marcher à la suite de Celui qui fait toutes choses nouvelles.

  P. Sébastien Catrou, curé

Derniers articles

Aller en haut